Hebron pictures

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Jeune hommePoterie Hébron

Hebron colonHebron colon

Publié dans: on 29 juin 2009 at 11:01 Laisser un commentaire

Donner des cours et recevoir des leçons

Une de mes activités détente à Hébron est de donner des cours de français à une poignée de Palestiniens de l’université. Parfois c’est au centre culturel Hébron-France, parfois c’est chez moi. Aujourd’hui, c’est mercredi, il est 16h et il fait sacrément chaud. J’attends Salah, une élève Palestinienne que je vais aider à rédiger un mémoire.

A droite Beit Romano (colonie), au fond à droite le Handallah's café et à gauche c'est chez moi

A droite Beit Romano (colonie), au fond à droite le Handallah's café et à gauche c'est chez moi

Elle m’appelle pour me dire qu’elle est au checkpoint à l’entrée ouest de la ville. Ca prendra peut-être du temps, peut-être pas. Je décide de l’attendre au Handallah’s Cafe, pas loin de chez moi, et d’y boire un thé ou deux. Là-bas, il y a Samir, un jeune homme blanc aux mille tâches de rousseurs qui fait office de barman. Il ne parle pas vraiment anglais, mais s’applique pour bien articuler l’arabe. En répétant et en faisant quelques signes, j’arrive à comprendre trois quatre choses. Il persévère. Il veut savoir d’où je viens en France. Le verbe ne suffisant pas, je prend une feuille de papier et je m’applique à y dessiner une carte de l’Europe de l’ouest.

J’y place les deux principales places fortes, Paris et Strasbourg. Alors que je suis fier de moi, il ne m’offre qu’un petit sourire en retour. Il prend la feuille et commence à dessiner à son tour. Sa place forte à lui, c’est al Aqsa. Il ne plus y aller depuis bien des années.

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Publié dans: on 23 juin 2009 at 4:58 Laisser un commentaire

Rigolons dans les bois

A défaut d’avoir des bars à Hébron, on a des collines et une espèce de forêt. C’est là qu’on se fait des barbecues et qu’on se met la race. Du coup, les suédo-bosniaques deviennent incontrôlables (heureusement on en a qu’un) et racontent des blagues qui m’ont fait bien rire, donc je les partage allègrement.Thanks Kenan !

I want your Tshirt

I want your Tshirt

C’est l’histoire d’un ours et d’un lapin qui pèchent au bord d’une rivière. A un moment, l’ours attrape un tout petit poisson tout frêle.

Le lapin lui dit : “Il est tout petit : laisse-le partir !”

L’ours lui répond : “Non, on le mange, on le mange !”

Et là le poisson intervient : “S’il vous plait laissez moi partir ! SI vous me laissez partir vous aurez le droit à 3 voeux chacun !”

Finalement, l’ours rejette le poisson à l’eau, et ce dernier tient parole.

L’ours fait son premier voeux : “Je veux être le plus beau et le plus séduisant des ours”. Et il devient le plus beau et le plus séduisant des ours.

Le lapin dit alors : “Je veux une moto légère et rapide”. Et pouf, une moto légère et rapide apparaît à ses côtés.

L’ours fait son deuxième voeux : “Je veux que toutes les femelles ours tombent folles amoureuses de moi.” Et toutes les femelles ours ne peuvent plus lui résister.

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Palestinian ID and wrong ideas

Les cartes d’identité Palestiniennes doivent être celles qui ont le moins de signification juridique dans le monde. C’est le prix à payer quand un pays est le vassal de son voisin. Il faut partir du principe que la Palestine, malgré les accords signés, la « feuille de route » et le « processus de paix », n’est pas vraiment un pays :

  • Les frontières sont celles qui sont décidées par Israël (cf le Mur et les nouvelles frontières), donc d’une année à l’autre le pays peut avoir une forme différente. Par conséquence, la propriété terrienne privée peut être réquisitionnée par Israël à n’importe quel moment (préavis d’une à deux semaines)

  • La monnaie nationale est israélienne

  • Les services d’eau, d’électricité et de gaz en Palestine sont gérées par des compagnies israéliennes

  • Les produits sont bien souvent écrits en hébreu, ceux qui sont exportés portent l’étiquette « made in Israël » pour bénéficier des avantages commerciaux qu’Israël a signé avec les pays complices

  • L’espace maritime et aérien en Palestine est réservé à l’exploitation israélienne, tout comme les routes : les meilleures routes sont simplement interdites aux voitures qui possèdent la plaque verte (palestinienne). Pas la peine de parler des restrictions de mouvements en ce qui concerne les checkpoint et autres barrages dans et autour des villes palestiniennes

  • Sur 132 députés que compte le Parlement national Palestinien, 41 sont dans des prisons israéliennes, ainsi que deux ministres, pour des durées variables

  • Etc

  • Etc

La seule organisation internationale qui reconnaît officiellement l’Etat palestinien est la FIFA.

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A PRESTO SU QUESTI SCHERMI

Bientôt sur vos écrans, un documentaire tout frais sur la vie des colons à Hébron, réalisé par Rocco et Joan-Lucas, deux journalistes italiens (pour changer). Après un an et demi passé à Tel Romeinia et Beit Romano (colonies dans Hébron), à serrer les dents et à maîtriser son vocabulaire pour s’insérer dans les familles orthodoxes et pour gagner leur confiance en tâchant de ne pas devenir fou (ou juif, ou les deux), les images dressent un tableau peu conventionnel de la vie au milieu de la secte juive orthodoxe. Par exemple, celle de ce colon (dont le nom est occulté pour protéger les coupables) qui vit dans une roulotte au milieu de la colonie, que ses propres enfants ont essayé d’incendier parce qu’il avait quitté son ancienne femme, rappelle qu’ici le meilleur comme le pire n’est rien d’autre que la volonté de Dieu. Que tout a un sens, même lorsqu’on coupe sa carotte en long et non en large, même quand pète alors qu’on pourrait serrer les fesses. Tout à un sens défini par JVH (Jahve, dont le nom ne doit pas être prononçable), et c’est ça qui est bon !

Rocco en pleine action

Rocco en pleine action

Un tiers du docu se passe aussi du côté palestinien de la ville, et nos deux journalistes ont du porter des capuches et camoufler la caméra pour ne pas se faire reconnaître par les colons et les soldats, habitués à les voir tous les jours mais de l’autre côté du checkpoint.

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L’objectif : filmer le quotidien dans un salon de coiffure de la vieille ville. En Palestine, résumer un salon de coiffure à un endroit où les cheveux sont coupés est une erreur évidente. C’est un lieu d’échanges, de rencontres, un peu comme le PMU de la gare de Mâcon, sauf qu’ici on est à Hébron et qu’il a des milliers d’histoires hallucinantes à écouter (et qu’on ne parie pas sur les chevaux). Et il y a autant d’êtres humains mystérieux à découvrir.

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Publié dans: on 17 juin 2009 at 2:48 Laisser un commentaire

Obama VS Netanyahou : year 5570

Difficile de trouver les mots justes quand on a 3761 années de diplomatie de retard sur son adversaire. Pour Obama, à défaut de comprendre le calendrier diplomatique israélien, le président américain dit « yes we can» à tout ce qu’on lui propose. Du moment qu’on ait l’impression qu’il se passe quelque chose ! Avec les professionnels israéliens de la communication, on sait d’avance qu’on en aura pour notre argent.

Ainsi, au milieu de cette année 5770,  l’adage « à chacun son drapeau, à chacun son hymne », que vient de créer Netanyahou dimanche soir, est apparu à Obama fort adapté à la situation. Et à ses ambitions de paix au Proche-Orient. Obama sait que, en cette période de disette économique, mieux vaut avoir de bons alliés pétroliers et ménager les Arabes, et que ses soucis en Irak, en Iran, en Afghanistan et au Pakistan ne pourront être allégés qu’une fois le « problème » Palestinien résolu. Et pourtant le bougre ne s’en donne pas les moyens ! En soutenant le discours de Bar Ilan, il ferme la porte qu’il venait à peine d’entrouvrir une semaine plus tôt au Caire.

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Quelque qu’eut pu être le discours prononcé par Netanyahou, on sentait déjà le scoop diplomatique dans les titres des agences de presse : « Netanyahou accepte l’idée d’un Etat palestinien démilitarisé » ont titré Le Monde, Haaretz, Yahoo News et compagnie. Mais c’est comme quand on prend un crédit sur quinze ans : l’annonce est entourée d’astérisques qu’il convient d’apprécier à leur juste valeur.

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Publié dans: on 15 juin 2009 at 7:55 Laisser un commentaire

Publié dans: on 13 juin 2009 at 8:49 Laisser un commentaire

Welcome to Hebron

« Welcome to Hebron ! » résonne tous les jours dans la vieille ville (de Hébron !), parfois changé en « Ahlan wa sahlan fi Khalil », ce qui veut dire la même chose. Quand on est blanc, agrémenté de piqûres de moustiques, qu’on a un sac à dos et un appareil photo en bandoulière, qu’on marche lentement en regardant en haut, en bas, à gauche et à droite comme si on se promenait dans un musée en plein air, ça ne rate pas, chaque mètre qu’on traverse dans les méandres de la vieille ville est rythmé par les « Come and see my shop », « Good price for you my friend », « Where are you from ? I love German people !» et aussitôt votre bras se retrouve serré et absorbé vers un magasin ou un autre, parfois vers deux en même temps. Même après avoir acheté une poterie, un bracelet ou un paquet de biscuits, le même rituel recommencera inlassablement. Au bout de quelques jours, lorsque les commerçants réalisent quel mauvais client vous êtes, le phénomène s’estompe.

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L’étape suivante, c’est de ressembler à un Palestinien. Quand on bronze un peu, qu’on opte pour une coupe de cheveux à la Palestinienne, qu’on pose son appareil photo et qu’on arrive à s’orienter dans les ruelles comme si on y avait passé son enfance et qu’on peut enchaîner environ 7 mots d’arabe, chaque coin de rue recel d’invitations pour le café ou le thé, les prix baissent tout d’un coup, les enfants arrêtent de réclamer des shekels, chaque visage devient familier et les Palestiniens, comme les soldats, vous interpellent en arabe ou en hébreu.

Un des rendez-vous quotidien de la vieille ville, c’est ses toits. Que ce soit chez Saïd, chez Amar, chez la Christian Peacemaker Team ou ailleurs, passer son temps sur les toits c’est se rapprocher du ciel, c’est respirer un peu plus librement que dans les ruelles serrées du dessous, c’est pouvoir regarder au-delà des murs de la ville dans laquelle je reste 5 jours sur 7. C’est aussi réaliser combien de rues, dans cette partie de la ville sous administration israélienne,

C'est simple : les Palestiniens marchent sur le trottoir à droite, les colons ont le reste de la rue

C'est simple : les Palestiniens marchent sur le trottoir à droite, les colons ont le reste de la rue

sont réservées aux colons. C’est constater que la ville s’arrête là où commencent les colonies, Qyriat Arba et compagnie. C’est pouvoir observer, à chaque fois qu’on cherche l’horizon depuis ces toits, les tours d’observations qui concurrencent les minarets, les checkpoint qui annoncent les limites de la ville, les drapeaux israéliens qui flottent par-ci-par-là autour de la mosquée d’Abraham comme si les colons venaient de marcher sur la lune, de découvrir une terre vierge et inconnue. Comme si leur besoin vital, animal, de marquer leur territoire avec des drapeaux était plus noble que de jeter leurs ordures et des pierres sur la tête des Palestiniens, comme ils le font dans la vieille ville.

Pourquoi mettre ses ordures dans une poubelle quand on peut les jetter sur ses voisins ?

Pourquoi mettre ses ordures dans une poubelle quand on peut les jetter sur ses voisins ?

Du coup, à cause des colonies et des restrictions de circulations dans la vieille ville, les clients ne sont pas bien nombreux dans cette partie de la ville, délaissée par la majeure partie des Hébronites. Avant 1997, c’était là que se trouvait le marché le plus important la ville ; il est aujourd’hui déplacé et éclaté plusieurs centaines de mètres plus haut. Des milliers d’habitants ont dû quitter leurs maisons ces dix dernières années. Les expulsions, en Palestine, ce n’est pas qu’en 1948.

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Les trois quart des magasins sont fermés Ceux qui restent ouverts reçoivent 200 euros par mois de l’Union Européenne ; les habitants de la vieille ville ne paient ni loyer, ni frais d’eau ou d’électricité. Tout est fait pour essayer tant bien que mal de sauvegarder, voire relancer, la vie dans ce quartier historique. Et lutter de manière pacifique et civilisée contre l’occupation sauvage. (Lire la suite…)

Publié dans: on 8 juin 2009 at 6:26 Laisser un commentaire

First Step in P

L’image qu’on se fait de la Palestine en lisant des livres, en cherchant des informations, en regardant des documentaires, est parfois assez proche de la réalité. On croit connaître beaucoup de choses. Mais lorsqu’on y met les pieds finalement, on comprend qu’il y a quelque chose qu’aucun livre n’est capable de transmettre. Une sensation qui n’est pas traduit par un mot. Avant de monter dans l’avion, et en arrivant, la terre tremble, le sang se fige, le rêve se déforme. La Terre sainte.

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Bethléem

A force d’en entendre parler comme d’un fantasme, on finit presque par se demander si cet endroit magique, lointain et omniprésent dans les discussions internationales existe vraiment. On se prend une claque quand on regarde la première fois le paysage, de Beit Sahour vers la colonie d’en face, à travers les collines où sont rangés les oliviers, après avoir passé le check point de Bethléem comme s’il s’agissait du péage à l’ouest de Nancy. (Lire la suite…)

Le plus important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage

La presse écrite traverse une période douloureuse. Elle découvre avec dégoût la principale crise de son histoire, et ne la traverse pas sans dégâts. Pas seulement la presse française, mais dans bien des pays européens la chute du lectorat est vertigineuse. Elle défie leur stabilité économique et les mesures prises pour la redresser, car rien n’est gagné, ni pour les journaux, ni pour la pluralité de l’opinion publique.


Le journal quotidien Libération peut servir en bien des points à déterminer quelles sont les causes de cette pathologie de la presse, autant qu’on puisse les déterminer, et quels sont les remèdes miracles que concoctent dans leurs laboratoires ces nouveaux actionnaires alchimistes, qu’ils déversent comme un gaz hilarant sur les salariés du journal en quarantaine.

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Publié dans: on 4 janvier 2008 at 6:50 Commentaires (1)