Bi’lin, révolution hebdomadaire

Ca se passe tous les vendredi, dans le village de Bi’lin, à 15 minutes de Ramallah. Une portion du Mur est en construction sur des terrains agricoles Palestiniens, amputant le village de ses ressources, de son travail, de sa propriété, de son honneur, de son avenir. Et le mettant à l’ombre du monstre de béton, de ses tourelles et caméras, des barbelés et de toutes ces belles choses qui permettent à Israël de s’agrandir en bafouant toutes les lois.

Bilin1

Depuis les années 80, le village a perdu 60% de ses terrains exploitables ; les intimidations et les arrestations parmi les habitants du village sont régulières. C’est devenu l’un des rendez-vous hebdomadaire inévitable en Palestine occupée.

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Published in: on 14 juillet 2009 at 6:29  Comments (1)  
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Mental boundary

On a beau avoir peu de culture sur la région, il y a des choses qui surprennent. Il y a des choses qui fâchent, qui sont lâches, mais qui méritent d’être écoutées. Au moins une fois.

Lundi début d’après-midi, pendant un innocent (et classique) mois de juillet. Un jour de congé pour quitter Hébron, ce n’est pas monnaie courante, et pourtant pas non plus la mer à boire.

Inlassable découverte de Jérusalem, la ville des villes. Comparée à Hébron, c’est le jour et la nuit.

A l’ouest cette fois, pour une “manifestation”. Il faut savoir qu’elles n’ont rien à voir avec ce qu’on a l’habitude de faire en France ou dans les environs européens.

Against demolition

Un stand de fortune monté sur une place publique, devant un centre commercial, un centre nerveux du côté juif de la ville. Beaucoup d’internationaux, comme d’habitude, pour protester contre les ordres de démolitions de maisons à l’est de la ville, le côté arabe (Palestinien). Allemands, Français, Américains, Argentins, Tchèques, Irlandais, activistes Israéliens, tous distribuent des tracts, boivent du thé glacé, font les troubadours et haranguent les passants.

Tea Florida


Quelques Israéliens s’arrêtent et joignent la partie, d’autres juifs s’arrêtent et commencent par froncer les sourcils. Certains entament la conversation par « qu’est-ce que vous connaissez de ce pays, vous n’êtes pas d’ici vous pouvez tous sucer ma bite ». Après s’être un peu énervé, l’un d’entre eux assure avoir envie de « shot you all, I have experience in this ». And we believe it.

J’en profite pour répéter ce qu’il a dit à quelques Français. Il se retourne, me regarde, tend sa main tremblante de nervosité et hurle en français (il est algérien) : « Tu ferais mieux de la fermer parce que vous êtes mal placé en France pour donner des leçons, vu ce que vous faites aux juifs depuis dix ans. Ilan Halimi ça te dit quelque chose ?» J’étais en train de me marrer de ses conneries, mais ma langue paternelle m’interpelle : « Et vous qu’est-ce que vous faites depuis dix ans à Hébron ? » Là son visage tend vers le rouge :

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Published in: on 14 juillet 2009 at 8:55  Comments (1)  
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Donner des cours et recevoir des leçons

Une de mes activités détente à Hébron est de donner des cours de français à une poignée de Palestiniens de l’université. Parfois c’est au centre culturel Hébron-France, parfois c’est chez moi. Aujourd’hui, c’est mercredi, il est 16h et il fait sacrément chaud. J’attends Salah, une élève Palestinienne que je vais aider à rédiger un mémoire.

A droite Beit Romano (colonie), au fond à droite le Handallah's café et à gauche c'est chez moi

A droite Beit Romano (colonie), au fond à droite le Handallah's café et à gauche c'est chez moi

Elle m’appelle pour me dire qu’elle est au checkpoint à l’entrée ouest de la ville. Ca prendra peut-être du temps, peut-être pas. Je décide de l’attendre au Handallah’s Cafe, pas loin de chez moi, et d’y boire un thé ou deux. Là-bas, il y a Samir, un jeune homme blanc aux mille tâches de rousseurs qui fait office de barman. Il ne parle pas vraiment anglais, mais s’applique pour bien articuler l’arabe. En répétant et en faisant quelques signes, j’arrive à comprendre trois quatre choses. Il persévère. Il veut savoir d’où je viens en France. Le verbe ne suffisant pas, je prend une feuille de papier et je m’applique à y dessiner une carte de l’Europe de l’ouest.

J’y place les deux principales places fortes, Paris et Strasbourg. Alors que je suis fier de moi, il ne m’offre qu’un petit sourire en retour. Il prend la feuille et commence à dessiner à son tour. Sa place forte à lui, c’est al Aqsa. Il ne plus y aller depuis bien des années.

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Published in: on 23 juin 2009 at 4:58  Comments (1)  
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