Bi’lin, révolution hebdomadaire

Ca se passe tous les vendredi, dans le village de Bi’lin, à 15 minutes de Ramallah. Une portion du Mur est en construction sur des terrains agricoles Palestiniens, amputant le village de ses ressources, de son travail, de sa propriété, de son honneur, de son avenir. Et le mettant à l’ombre du monstre de béton, de ses tourelles et caméras, des barbelés et de toutes ces belles choses qui permettent à Israël de s’agrandir en bafouant toutes les lois.

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Depuis les années 80, le village a perdu 60% de ses terrains exploitables ; les intimidations et les arrestations parmi les habitants du village sont régulières. C’est devenu l’un des rendez-vous hebdomadaire inévitable en Palestine occupée.

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Published in: on 14 juillet 2009 at 6:29  Comments (1)  
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A PRESTO SU QUESTI SCHERMI

Bientôt sur vos écrans, un documentaire tout frais sur la vie des colons à Hébron, réalisé par Rocco et Joan-Lucas, deux journalistes italiens (pour changer). Après un an et demi passé à Tel Romeinia et Beit Romano (colonies dans Hébron), à serrer les dents et à maîtriser son vocabulaire pour s’insérer dans les familles orthodoxes et pour gagner leur confiance en tâchant de ne pas devenir fou (ou juif, ou les deux), les images dressent un tableau peu conventionnel de la vie au milieu de la secte juive orthodoxe. Par exemple, celle de ce colon (dont le nom est occulté pour protéger les coupables) qui vit dans une roulotte au milieu de la colonie, que ses propres enfants ont essayé d’incendier parce qu’il avait quitté son ancienne femme, rappelle qu’ici le meilleur comme le pire n’est rien d’autre que la volonté de Dieu. Que tout a un sens, même lorsqu’on coupe sa carotte en long et non en large, même quand pète alors qu’on pourrait serrer les fesses. Tout à un sens défini par JVH (Jahve, dont le nom ne doit pas être prononçable), et c’est ça qui est bon !

Rocco en pleine action

Rocco en pleine action

Un tiers du docu se passe aussi du côté palestinien de la ville, et nos deux journalistes ont du porter des capuches et camoufler la caméra pour ne pas se faire reconnaître par les colons et les soldats, habitués à les voir tous les jours mais de l’autre côté du checkpoint.

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L’objectif : filmer le quotidien dans un salon de coiffure de la vieille ville. En Palestine, résumer un salon de coiffure à un endroit où les cheveux sont coupés est une erreur évidente. C’est un lieu d’échanges, de rencontres, un peu comme le PMU de la gare de Mâcon, sauf qu’ici on est à Hébron et qu’il a des milliers d’histoires hallucinantes à écouter (et qu’on ne parie pas sur les chevaux). Et il y a autant d’êtres humains mystérieux à découvrir.

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Published in: on 17 juin 2009 at 2:48  Comments (3)  
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Le verbe et le glaive

On a cru qu’il ne s’y passerait rien. Le sommet sur le racisme de l’ONU s’est tenu à Genève du 20 au 24 avril dernier, et était boycotté par de nombreux poids lourds du monde libre : Etats-Unis, Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Pays-bas, Allemagne, Pologne, Italie…Rien que ça ! On a failli croire que lutter contre le racisme n’était plus à la mode. Heureusement, les pays présents ont pu adopter «un texte antiraciste majeur», comme s’en est félicité Mr Kouchner. La preuve : on y souligne «la détresse des Palestiniens» et le droit à l’existence d’Israël. En effet, c’est bien connu que l’existence de la première puissance militaire de la région est menacé tous les jours, et que des projets de génocide juif sont en cours, comme l’a rappelé Nethanyaou à l’occasion de la commémoration de la Shoah en Israël, le 21 avril.
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Comme en 2001, les pays occidentaux craignaient de voir la conférence tourner en un défouloir verbal anti israélien. Du coup, ils ont déserté la tribune de l’ONU, cette instance à laquelle ils contribuent pourtant financièrement, et qui a créé des centaines d’écoles, de centres hospitaliers et des agences d’informations en Palestine pour palier aux conséquences de l’occupation israélienne. De toute manière, ce n’est jamais le bon moment, quelle que soit l’assemblée, de parler d’Israël.
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On constate, une fois de plus, que les mots sont plus importants que les morts, qu’on prend le verbe plus au sérieux que le glaive : lors de la «riposte excessive» à Gaza entre décembre et janvier 2009, aucun Etat occidental n’a rien dit de déterminant pour condamner le massacre. Pendant ce sommet, l’Iran s’est effectivement lancé dans des pamphlets anti-sionistes, et le monde a crié au scandale, les diplomates se sont étranglés et les délégations ont fuient (pour ensuite revenir lorsque la tempête fut passée). En l’occurrence, le président iranien Ahmadinejad a notamment déclaré : «En 1945, les Alliés ont envoyé des migrants d’Europe, des Etats-Unis et du monde de l’Holocauste pour établir un gouvernement raciste en Palestine occupée (…) Des efforts doivent être faits pour mettre un terme aux abus des sionistes et de (leurs) partisans». C’est la citation qui a été reprise par tous les médias, sur les trois paragraphes antisionistes qu’on peut trouver dans le discours, qui ne compte pas moins de cinquante paragraphes parlant de la pauvreté dans le monde, du racisme, de la crise économique et de la nécessité d’agir ensemble pour lutter contre les injustices en général.

La différence est là, mais tous font semblant de ne pas la comprendre

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Dans cet extrait, beaucoup de commentateurs, dont des ministres et des diplomates, y ont vu de la propagande antisémite, telle qu’on la concevait au XIX e siècle. Pourtant, les temps ont bien changé, et même l’Iran, réputé pour ses diatribes violentes, ne condamne pas la religion juive, mais le sionisme. La différence est là, mais tous font semblant de ne pas la comprendre. Le gouvernement norvégien a déclaré qu’il s’agissait pour Mr Ahmadinejad d’une tactique électorale. Pourtant, depuis 2005, le président Iranien n’a pas changé de point de vue, enjeux électoral ou non.
On peut d’ailleurs noter que l’Iran, en faisant référence à l’Holocauste, reconnaît son existence.

C’est vrai que pour Israël il aurait été difficile de faire croire devant une assemblée internationale réunie à Genève (en territoire neutre, patrie des conventions internationales qui donnent le ton en matière de respect des droits humains, des armes de guerre légales, du traitement des prisonniers, etc.) que la politique de ses gouvernements successifs n’a œuvré que pour la paix et les droits de l’homme dans et à l’extérieur de ses frontières. Des frontières qui ne sont reconnues par personne, ni même par Israël puisqu’il les pousse toujours plus loin à coup de canons et de colonies, facilité par le fait qu’Israël ne possède pas de Constitution. Même à l’intérieur de ses frontières, les Juifs n’ont pas le même statut social s’ils sont rescapés de la Shoah, s’ils sont ashkénazes ou séfarades, sans parler des falachas éthiopiens, ou des 20% « d’israéliens arabe » (c’est-à-dire des Palestiniens). Le parti arabe israélien Balad était à Genève pour le rappeler.
Israël, tout récemment, a décidé qu’il ne participerait pas à l’enquête de l’ONU sur les massacres à Gaza dont il est responsable. Pas plus qu’en 2006 avec l’échec au Liban. Israël a été reconnu par l’OLP lors des accords d’Oslo en 1994, mais Israël n’a pas reconnu l’Etat palestinien, et a toujours poursuivi l’extension des colonies en Cisjordanie. Tout ça ne fait pas très «démocratie», même pas au Proche-Orient.

Il y a un mur de séparation entre la vérité et la tradition. La vérité, c’est qu’il faut ralentir les soutiens à Israël. La tradition, c’est de donner carte blanche à un pays qui invoque la Shoah à chaque critique. Quitte à boycotter une conférence internationale sur un sujet qui concerne toutes les sociétés du monde, qu’elle soit blanche, noire, de ce siècle ou d’un autre.

Gilgamesh

Published in: on 26 avril 2009 at 11:19  Comments (6)  
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